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Thursday, February 28, 2013

Décoration de Ton Nu Thi Ninh au grade de Commandeur de la Légion d’Honneur

Pour mes amis francophones, je reproduits une nouvelle information diffusée par la Voix du Vietnam.

(VOVworld) - Jean-Noël Poirier, ambassadeur de France, a remis mardi à Ho Chi Minh-ville la Légion d’Honneur, plus haute et plus prestigieuse décoration de France à Ton Nu Thi Ninh. Madame Ninh, qui avait auparavant déjà reçu les insignes « d’Officier » de cet Ordre, a été élevée au grade supérieur de « Commandeur ».
Professeur, diplomate, femme politique, Madame Ninh n’a cessé d’œuvrer au développement du Vietnam et à son intégration au sein de la communauté internationale, entretenant dans cette perspective des relations très étroites la liant à la France. Entre 2000 et 2003, elle occupa le poste d’Ambassadeur en Belgique et au Luxembourg et de Chef de Mission auprès de la Commission Européenne à Bruxelles. Elue député de 2003 à 2007, elle siégeait en qualité de vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères, chargée des rapports avec les pays d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale.

Tuesday, February 12, 2013

Le narcisse - un plaisir raffiné du Tet

À l'occasion du Têt (nouvel an selon le calendrier lunaire), je reproduis sur mon blog un article intéressant de la Voix du Vietnam, à l'intention de mes amis francophones.
Bui Hang
mardi, 12. février 2013
(VOVworld) - Au moment du nouvel an lunaire, si les fleurs de pêcher ou de prunier sont communes à tout le monde, le narcisse, lui, est un petit luxe que seuls les fins connaisseurs peuvent s’offrir. Evidemment, vous pouvez vous acheter un pot de narcisses au marché, mais là, ça n’a aucune autre valeur que celle de la décoration, vous diront ces connaisseurs hanoiens pour qui, tout le plaisir consiste à créer son propre bouquet de narcisses…un loisir aux confins du rite.
En vietnamien, “thuy tien” veut dire “nymphe”. Cette différence culturelle avec l’Europe donne lieu à une autre différence, culturale. En Europe, le narcisse appartient au domaine du jardinage, au Vietnam, à l’art du bonsaï ! Quand le soleil printannier commence à chasser l’hiver, les amoureux du narcisse ressortent leurs bulbes séchés pour les rafraîchir dans l’eau. Les bulbes ainsi “réveillés” sont minutieusement taillés selon le goût esthétique de chacun. Depuis la germination jusqu’à la formation des premiers boutons, ils seront retaillés encore plusieurs fois. Et à chaque fois, il faut les laver à l’eau et avec un plumeau, en veillant à ne pas léser les racines, ni les bourgeons. Le narcisse est une fleur exigeante en termes de propreté. Il doit être placé dans un endroit aéré. L’eau dans laquelle il est planté doit être changée quotidiennement, et ses racines, lavées. Mais si les racines ne sortent pas du bulbe, il faut alors envelopper celui-ci dans un tissu de coton propre pour l’enfouir dans du sable humide. Et attention, ce sable doit lui-aussi avoir été lavé, pour ne pas provoquer le pourrissement des racines.
La taille d’un bulbe de narcisse se décline en plusieurs étapes, nous dit Nguyen Viet Dung, maître-horticulteur au village de Nghi Tam, à Hanoï. Il faut utiliser des couteaux spécifiques et faire en sorte qu’à la floraison, les fleurs soient plus élevées que les feuilles, comme le veut la tradition hanoienne. En taillant, on ne doit en aucun cas toucher les feuilles, ni les fleurs, encore moins les entâcher d’eau sale, ce qui provoquerait leur pourrissement. Il faut tailler le bulbe chaque jour, au lieu de le laisser se développer naturellement.
Le narcisse est l’une des fleurs les plus précoces du printemps. Symbole de chance, de prospérité et de longévité, il est minutieusement soigné pour pouvoir éclore au moment du réveillon. S’il fait trop froid et qu’il tarde à fleurir, on le met dans de l’eau tiède, et le pot est installé dans un salle close pour stimuler la floraison. En revanche, s’il fait trop chaud et trop humide, on couvre les pétales d’une couche de blanc d’oeuf ou de sève de papaye, pour retarder l’éclosion et “enfermer le parfum”. Chaque pot de narcisses est une véritable d’oeuvre d’art qui peut épouser des formes sophistiquées comme celles d’un phénix, d’un dragon ou d’une fée…
Un pot de narcisses réussi doit avoir des racines longues, blanches et parfaitement propres, indique Nguyen Viet Dung. Feuilles et fleurs s’entremêlent, mais les fleurs doivent être plus élevées. Nos précédesseurs comparaient un pot de narcisses à un plateau de jade ou d’or, d’où se dégagerait un parfum irrésistible. Je dirais même un parfum inégalé, surtout quand les premières fleurs ont commencé à éclore le jour du Tet.
Discret et charmant, pur et élégant, pour les amoureux du narcisse, le parfum de cette fleur est le parfum-roi du passage à la nouvelle année.
A l’occasion du Tet, les gens sont friands de narcisse, nous dit Mme Lan qui vend des narcisses dans la rue Hoang Hoa Tham, à Hanoï. On en trouve un pot dans presque toutes les maisons, ça sent très bon. Mais n’oubliez pas de changer d’eau tous les jours ! Mes affaires marchent à merveille.Le jour du réveillon, le pot de narcisses est installé avec soin sur l’autel des ancêtres. Puis, le jour de l’An, il trône au salon pour être admiré par toute la famille comme par les visiteurs venus présenter leurs voeux. Dans l’atmosphère des retrouvailles printanières, le parfum du narcisse se mêle à celui de l’encens, créant un je-ne-sais-quoi d’unique du Tet traditionnel, à Hanoï.
Le narcisse planté à la période du Tet porte chance, dit Nguyen Thi Hien habite rue Dang Tien Dong, à Hanoï. D’ailleurs, il n’est disponible sur le marché qu’à cette occasion. J’achète des bulbes que je plante moi-même dans l’espoir d’une belle floraison qui bénira ma famille.
Vous l’aurez compris, pour les Hanoiens, le narcisse du Tet est un plaisir élégant, une belle tradition qu’ils tiennent à préserver. C’est leur manière de revisiter le passé et de le revaloriser.
Bui Hang

Saturday, February 9, 2013

Deux montures

Nguyen Cong Hoan (1903-1977) est un écrivain typique de la littérature réaliste critique du Vietnam. Il est sans conteste le maître des nouvelles dans la littérature vietnamienne moderne. Il a laissé un héritage artistique comprenant plus de 200 nouvelles, 30 romans et essais littéraires.

La nouvelle « Người ngựa và Ngựa người », sans doute la plus connue, relate la mésaventure d’un coolie de pousse-pousse et d’une prostituée à la veille du Têt (nouvel an vietnamien), au début des années 1930 à Hanoï. À la veille du Têt 2013, je vous propose la version française intitulée « Deux montures » que j’ai faite pour mon plaisir à l’intention de mes amis francophones. Je tiens à remercier mon ami Sylvain Lelarge qui a apporté au texte les retouches nécessaires.
Qui donc pourrait deviner depuis quand ce coolie de pousse-pousse, s’en va à petits pas là-bas, à l’angle de la rue?
À le voir, il semble qu’il est à court de client. Vraisemblablement. Car qui donc errerait d’une rue à l’autre à huit heures du soir le dernier jour de la veille du Têt ? Dans les rues, toutes les maisons sont déjà fermées ; personne ne sort pour qu’il puisse compter sur une éventuelle course de fin d’année…
Eh bien! Qu’il rende le véhicule pour en finir, il vaut mieux qu’il rentre chez lui pour jouir de la chaleur et l’intimité du foyer avec sa femme et son enfant ! Pourquoi se donner tant de peine ? Sa femme, son fils l’attendent au seuil de la porte. L’année va bientôt finir, le Têt va bientôt arriver, il ne reste plus beaucoup de temps.
Ah, si ses poches étaient pleines d’argent, la question ne se poserait pas, il serait rentré chez lui pour en finir, sans qu’il lui soit nécessaire d’errer sans but comme ça ! Malheureusement, il vient de se remettre d’une grave maladie, qui aurait pu l’emporter pour de bon, ainsi non seulement il a perdu une occasion de gagner de l’argent en cette fin d’année, mais encore ses économies ont été complètement épuisées. C’est pourquoi aujourd’hui il s’est efforcé d’emprunter un capital pour louer le véhicule dans l’espoir de gagner assez pour acheter du riz pour le Têt.
Diantre ! Quel jour est celui-ci, car depuis cet après-midi, il n’a gagné que dix centimes ! En fin d’après-midi, il y a eu plein de gens vêtus de brocart et de velours dans les rues, il leur a proposé une course mais en vain, personne n’est monté sur le pousse-pousse, à plus forte raison maintenant ! Ce qui l’agace le plus, c’est le crépitement intermittent d’une pétarade, qui lui fait sentir le sang bouillir dans les veines. En pensant au Têt des riches, il meurt d’envie. Ils jettent leur argent à l’occasion du Têt, gaspillent à qui mieux mieux des milliers de dongs pour rien, alors que lui, il n’arrive pas à gagner le riz du lendemain.
Quelquefois il tend l’oreille, se retourne pour voir si quelqu’un l’appelle de loin. Mais il n’entend qu’un crépitement, il ne voit qu’une étincelle au milieu de la chaussée, ce qui le fait tressauter d’un mouvement brusque. Après le sursaut vient le soupir. Fi de cette existence précaire. Des fois, il voudrait bien jeter ce véhicule pour exercer un autre métier. Mais en l’abandonnant, quel autre métier trouvera-t-il ? Ainsi s’en va-t-il de ce pas nonchalant, en passant par la rue des Tambours, tournant à la rue de la Cathédrale, traversant le passage à la rue de l’Hôpital du Protectorat ; soudain, il se retourne pour regarder.
- - Pousse-pousse !
- - Oui !
À toutes jambes, il se hâte d’accourir vers la personne qui l’appelle et abaisse le timon.
- - Où allez-vous?
Une femme d’un peu moins de trente ans, vêtue de satin marron, la tête coiffée d’un chaperon blanc tombant jusqu’à la ceinture se tient sur le bord du trottoir :
-- - Cours-tu à l’heure ?
- - Combien d’heures allez-vous ?
- - - Une heure.
- - Donnez-moi soixante centimes, madame.
- - Pourquoi tu offres un prix si élevé ? Vingt centimes !
- - Madame, les jours de Têt, c’est toujours comme ça, et puis, à cette heure personne ne travaille, vous proposez un prix trop bas. Je fais une course, puis je rendrai le véhicule pour rentrer chez moi jouir du Têt !
Voyant que le coolie ne tient pas tellement à courir, la cliente se détourne.
- - Madame, combien proposez-vous ?
- - Vingt centimes, c’est déjà cher, les jours ordinaires, c’est seulement quinze centimes.
- - Cinquante-cinq centimes, voulez-vous? Sinon, c’est non.
- - Non.
La cliente se détourne, cette fois pour de bon.
Le coolie s’assied en croisant les jambes, le timon en l’air, tout en la suivant du regard pendant un moment. Il suppose que la personne doit être très pauvre pour marchander un prix si bas. En ce cas, la concession est de mise. Il court après la femme et appelle:
- - Hé, madame, en voiture !
-- - Vingt centimes…!
-- - Donnez-moi vingt-cinq centimes.
Venant juste de poser le pied sur le plancher du véhicule, et voyant que le coolie exige en insistant vingt-cinq centimes, la cliente se hâte de mettre pied à terre :
- - Si ce n’est pas vingt centimes, je dis non.
- - Bon, ça va. Montez.
La cliente retrousse la manche de sa tunique, pour regarder l’heure à sa montre :
- - Il est neuf heures cinq, mais je consens de compter à partir de neuf heures.
Comme il travaille à l’heure, il court tout à fait modérément, en cambrant fortement ses fesses, mais en faisant des pas courts. Comme le temps c’est de l’argent, chaque minute compte. Tout d’abord le coolie pense que la cliente a une affaire, il court. Puis, voyant qu’elle indique vaguement une rue après une autre, sans s’arrêter dans une seule, il devine qu’elle fait le trottoir. Il va donc à petits pas. Plusieurs fois il veut lui demander la vérité ; si elle est une pute, il peut lui proposer un client très riche. Mais si par malheur, ce n’est pas le cas, on le réprimandera et refusera de le payer, ce qui serait un malheur.
Il passe devant le marché Dong Xuan, retourne à la rue des Nattes en bambou tressé, puis tourne à la Porte de l”Est. Soudain la cliente demande:
- - Es-tu d’accord de me porter encore une heure ?
- - Oui, mais donnez-moi vingt centimes et je vous servirai une heure de plus, madame.
- - Bon. Ah, as-tu de la petite monnaie ? Prête-moi quelques dizaines de centimes ; tout à l’heure je te rendrai un dong pour plus de commodité.
Le coolie tire de son porte-monnaie vingt centimes et les donne à la cliente. Celle-ci entre dans un magasin, achète un paquet de cigarettes, une boîte d’allumettes et il reste encore pour acheter un paquet de graines de pastèques pour grignoter.
Impatienté le coolie presse un peu le pas, puis reprend son allure comme auparavant. Un moment après, il s’enhardit et pose une question tout à fait intelligente:
- - Madame, qui cherchez-vous?
- - Je cherche une connaissance.
- - Dans quelle rue habite votre connaissance?
- - Continue de tirer.
Le coolie continue ainsi sa course, va à la gare, retourne à la rue Sinh Tu, tourne à la rue du Coton, la rue des Stores, la rue de la Toile noire etc. La cliente ne trouve toujours quiconque de sa connaissance.
- - Madame, quelle heure est-il déjà ?
- - Onze heures moins cinq.
- - Je tire jusqu’à la fin de cette heure, donnez-moi l’argent pour que je puisse aller attendre les clients à la gare.
- - Consens-tu à travailler une heure de plus ?
- - Madame, les clients en sortant de la gare ou du cinéma me donnent vingt centimes pour une course.
- Es-tu certain d’avoir des clients ? Ou bien l’offre est plus grande que la demande, et tu rentreras bredouille. Efforce-toi de travailler encore une heure, tu gagneras de l’argent en allant de ce pas nonchalant, c’est plus avantageux que de courir et suer sang et eau ?
Convaincu par ces paroles agréables à l’oreille, il consent. Passe un moment. Il traverse la ruelle Tram, tourne à la rue des Pipes à eau, puis à la rue des Paniers. À ce moment-là il règne un silence de mort ; on entend seulement le cliquetis des graines de pastèques que la cliente grignote. Soudain une salve de pétards éclate, les pétards du réveillon du jour de l’an.
- - Quelle heure est-il, madame ?
- - Damnée soit la maison qui vient d’allumer les pétards du réveillon! Il est seulement minuit moins le quart.
Le coolie fait un calcul mental: “Dans un quart d’heure j’aurai soixante centimes. Soixante centimes plus vingt, ça fait quatre vingts. Je ne manquerai pas d’insister pour qu’elle me donne une prime de dix centimes en sus, ça fait quatre vingt dix. Quatre vingt dix centimes ! Une prime juste au moment du nouvel an. Quelle chance ! Gagner de l’argent dès le premier jour de l’année ! La nouvelle année sera dix fois, cent fois plus lucrative que cette année.”
Puis il pense à sa femme et son enfant, se sentant réconforté, comme si quelque force inconnue l’incite à oublier la peine pour accepter de travailler.
“Demain matin, après avoir fini ma course à la gare, je me régalerai d’un bol de pho(*) de viande de bœuf légèrement ébouillanté, puis j’achèterai un gâteau à mon fils pour lui faire plaisir. Entendant l’argent sonner dans ma poche, ma femme rayonnera sans doute de joie, et sachant que je travaille péniblement pour gagner de l’argent pour nourrir la famille, m’aimera davantage. Mais je ferai semblant de n’être pas fatigué, pour que toute la famille, contente et satisfaite, jouisse pleinement du Têt “.
Tout en pensant ainsi, il tire le pousse-pousse en direction de l’hôpital de Protectorat.
Arrivé à l’endroit où il est déjà passé. Il s’arête et dit:
- - Maintenant il est sans doute minuit. Veuillez bien me donner l’argent.
La cliente parait embarrassée. Elle dit:
- Malheur ! Tu réclames l’argent maintenant ? Donne-toi la peine de travailler une heure de plus.
- - Non, il est tard, je dois rentrer à la maison.
- - Tiens, je ne te cache rien, moi aussi, je cherche des clients depuis ce soir. Tu en es témoin. Personne ne me sollicite. J’avais l’intention de demander au client de m’avancer de l’argent pour te payer. Mais malheureusement, en ce soir de malchance, je ne sais que faire.
- - Ainsi, tu utilises mon service depuis neuf heures, et tu ne me paies donc pas ?
- Maintenant, je ne sais que faire.
-- - Je te conduis au commissariat.
- - Je me résigne à aller au commissariat avec toi, je ne sais rien faire d’autre !
- - Et tu as le toupet de marchander le prix de la course à l’heure, et tu oses m‘emprunter de l’argent pour acheter des cigarettes et des graines de pastèque !
- - Ma maison est juste au bout de l’impasse de la rue des Vermicelles, quand tu passeras devant, je te paierai, ne t’en fais pas !
- - T’en fais pas ! Il ya une centaine d’impasses dans la rue des Vermicelles ! Qui pourrait trouver ?
-- - Je n’ai pas d’argent. Si tu ne crois pas, tu peux me fouiller pour voir.
- - Je ne te fouille pas. Paie-moi pour que je rentre !
- - Voilà, le foulard, la tunique, la montre, tu prends ce que tu veux.
- - Je prends ça pour célébrer les funérailles de ma mère (*), hein ?
- - Voyons, ne te fâche pas. Écoute-moi, ta situation est comme la mienne, on cherche des clients. Si, par malchance, on tombe sur un jour comme celui-ci, on doit se résigner, que faire d’autre ?
- - S’il en est ainsi, pourquoi tu ne m’as pas dit la vérité dès le début, je t’aurais conduite aux maisons closes pour demander, mais tu voulais toujours sauver les apparences.
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(*) Lors des obsèques, on a coutume de mettre dans le cercueil les objets personnels du défunt comme les vêtements, les bijoux etc.
- - Je ne savais pas que je tomberais dans une telle situation fâcheuse. Bon, que je te dise ceci, écoute-moi. Si maintenant tu m’abandonnes ici, je n’ai pas d’argent pour te payer, cela est évident, et tu subis un désavantage. Donc, efforce-toi de me conduire encore, si j’ai un client, j’aurai de l’argent, et tu n’auras plus rien pour te plaindre.
- - Il semble que j’ai une dette envers toi dans une vie antérieure pour souffrir ainsi avec toi. Encourir la malchance dès le début de l’année ! Tout est embrouillé !
- - Ne parle pas ainsi, personne ne le veut !
Ne pouvant refuser, la monture masculine dut consentir à contre cœur à tirer la monture féminine. Mais cette fois-ci le coolie n’a plus envie de marcher. Que c’est moche ! Triste sort, semblable à celui d’un mendiant. Il marche tout en soupirant. La cliente se déplace en soupirant de même. Plus on avance, plus les rues sont désertes. Quelquefois on aperçoit une personne emmitouflée dans son pardessus, s’en allant à la hâte. Que c’est triste! Les moustiques voltigent en bourdonnant autour de la lampe. On entend le bruissement des feuilles mortes qui courent à qui mieux mieux sur la chaussée asphaltée.
Le coolie tire sa voiture au devant des portes des maisons closes pour demander du travail pour la belle.
Mais comme il est déjà deux heures du matin, on reste bredouille ! Heureusement au bout de la rue du Chanvre, on rencontre un homme apparemment vêtu avec élégance, qui marche précipitamment la tête basse. Jetant son appât, la fille fait semblant de demander le chemin. Mais quel malheur, l’homme secoue négativement la tête et continue à presser régulièrement le pas:
- Je ne sais pas, demandez à ce coolie. Je suis pressé pour aller trouver un docteur pour ma femme qui est malade !
Deux soupirs de désespoir se suivent, puis personne ne dit plus un seul mot à l’autre.
- Par ta conduite, tu me fais mourir.
- Contente-toi de cela.
- Tu as encore de la chance, car en errant ainsi dans les rues, tu risques de rencontrer des policiers en civil ou les gens de la brigade des filles, et ce serait un malheur pour toi !
- Je n‘ai pas peur des policiers en civil, je me fous de la brigade des filles, car je suis patentée.
Après un long parcours, ne trouvant personne, la fille dit au coolie:
- Arrête pour que je te dise quelque chose. Je te dis la vérité. Maintenant l’aube va poindre, tu me transportes inutilement. Je n’ai vraiment pas d’argent pour te payer. Je t’ai proposé en gage mon châle, ma tunique, ma montre mais tu as refusé, je ne trouve rien qui puisse convenir. Eh bien, transporte-moi dans un endroit clos, désert, et je subirai tout ce que tu voudras de moi.
- Qu’est-ce que je pourrais vouloir de toi ?
La belle lui serre la main, le frappe à l’épaule, et ricane de manière indécente:
- Quel niais tu fais, c’est à dire qu’il n’y a que toi et moi, je consens tout ce que tu veux faire de moi.
- Non, non merci ! Je sollicite humblement votre faveur. Si vous me transmettez la maladie, c’en est fini de moi.
- N’aie crainte, je viens de passer l’examen médical hier.
- Non. Je me prosterne humblement devant vous. Si vous avez pitié de moi, laissez-moi rentrer et donnez-moi l’argent !
- Si c’est comme ça, emmène-moi chez moi, pour voir s’il ya quelque meuble ou objet qui te convienne, tu le prendras.
Le coolie se dit à lui-même que le pire, c’est de perdre toute la recette de cette nuit. Mais si je me donne la peine d’aller chez elle, avec de la chance, je pourrai prendre quelque chose, mieux vaut que rentrer bredouille.
Il s’agit vraiment de deux personnes également malheureuses qui ont affaire l’une à l’autre.
- Où habites-tu ?
- À la rue des Vermicelles.
Tout en tirant, le coolie grommelle pour lui-même:
- On est sans le sou, on grimpe sur la voiture pour s’asseoir, on prend des airs, on grignote des graines de pastèque, on fume des cigarettes et on n’a pas honte !
La belle se résigne à garder impudiquement le silence pour écouter sans réagir le coolie proférer ses remontrances afin de soulager son mécontentement.
En ce moment, la mousson d’hiver souffle fort, et son vent froid pénètre jusqu’aux os, faisant grelotter les gens. Dans les rues, on voit déjà des gens se lever. Mais on ne se lève pas pour chercher une pute !
Arrivée devant une maison close, la fille dit:
- Arrête-toi ici pour voir si je peux emprunter de l’argent.
Le coolie a une lueur d’espoir, il s’arrête pour laisser entrer la fille. Puis, complètement épuisé, il se laisse tomber sur le plancher du véhicule, s’y adosse, et son esprit vagabonde pendant qu’il attend.
Un long moment passe. Une salve de pétards explose à grand bruit et le fait sursauter. Il se souvient de la fille, et se demande pourquoi elle tarde à revenir. Ou bien elle a trouvé un client quelconque. Mais en tout cas, elle aurait dû me régler avant, pourquoi m’oblige-t-elle à l’attendre jusqu’au matin ? Il frappe à la porte.
Le boy préposé aux chambres arrive.
- Monsieur, pouvez-vous me renseigner ? La fille au châle blanc qui est entrée tout à l’heure, dans quelle chambre couche t-elle ?
- Aucune chambre n’est occupée.
- Alors où est cette fille ?
- Partie depuis longtemps ; ne te fatigue pas.
- Malheur à moi ! Par quelle porte est-elle partie ?
Le boy montre du pouce la direction de la porte de derrière. Le coolie éprouve un choc comme s’il entend un coup de tonnerre. Il reste hébété comme au réveil d’un songe.
Le boy aux chambres hausse le ton:
- Allez ouste, pour qu’on ferme. Qui t’a dit d’être le premier visiteur chez moi, le jour du Têt ? Ne sème pas la pagaille le jour de l‘An !
- Monsieur !
Le boy l’empoigne à l’épaule, le pousse au dehors puis claque violemment la porte. Serrant les dents, la figure crispée, le coolie esseulé s’en va, prend le coussin pour frapper un coup sonore sur le coffre de la voiture ! Il retire de sa poche une boîte d’allumettes en allume une pour conjurer le mauvais sort, croise ses pieds, laisse monter le timon, l’attrape et tire la voiture à petits pas.
Les pétarades accueillant l’arrivée du printemps se suivent à grand bruit, bang, bang, crac, crac !

11 Février 1931

Thursday, November 8, 2012

La peinture sur soie traditionnelle vietnamienne

Bien qu’elle existe aussi dans d’autres pays asiatiques, au Vietnam, la peinture sur soie a acquis une nouvelle identité. A travers plusieurs générations, les artistes vietnamiens ont su lui insuffler une nouvelle âme en inventant de nouvelles techniques.

"Jeu des cases" de Nguyen Phan Chanh
Le musée d’histoire du Vietnam conserve un portrait de Nguyen Trai, une grande personnalité du 15ème siècle, peint sur soie. On y trouve également d’autres peintures sur soie utilisées à des fins de culte comme celle de Phung Khac Khoan (1528-1613) et 4 portraits de la famille de Phan Huy. Autant de preuves de la longue existence de cette forme d’art ainsi que de sa position importante dans les arts folkloriques vietnamiens. Cependant, les anciens tableaux étaient pour la plupart des portraits réalistes aux traits simples. Ce n’est que pendant les années 1930 que cet art a connu ses heures de gloire quand certains peintres diplômés de l’école supérieure des Beaux Arts d’Indochine ont su associer principes artistiques occidentaux et esthétique orientale pour créer de nouvelles techniques originales. L’un des précurseurs de ce renouveau de la peinture sur soie vietnamienne est Nguyen Phan Chanh (1892-1984), réputé pour ses oeuvres “Laver le riz”, “Jeu des cases”, “Consulter un voyant”, ou encore “Cérémonie de possession d’esprit”. Il est aussi l’auteur de plusieurs peintures sur la beauté des jeunes filles et de la campagne vietnamienne, unanimement saluées lors de différentes expositions au Vietnam comme à l’étranger. Nguyen Phan Chanh passe pour être l’inventeur d’une technique de lavage de la soie qui procure un aspect moderne et original à cette peinture traditionnelle. Cette technique permet de créer des dégradés, où plusieurs couches de couleurs claires se superposent. En particulier, ces oeuvres n’ont pas de traits bien distincts, elles comportent des plaques de couleurs avec des transitions fluides, ce qui leur confère un aspect onirique, idéal pour reproduire le charme des gens et des paysages de la campagne vietnamienne. 
Le peintre Nguyen Thu en a fait sa carrière: “Les années 1950 ont été particulièrement propices pour la peinture sur soie et la laque vietnamiennes. En 1957, nous les avons exposées dans différents pays d’Europe de l’Est, et la peinture sur soie a attiré une grande attention internationale. De nombreux étrangers sont venus au Vietnam se renseigner sur les originalités de la peinture sur soie vietnamienne. Ici, on peint sur la soie naturelle produite par les vers à soie, un matériau propice à l’expression des sentiments, de la poésie. Notre grande originalité réside dans l’utilisation de l’eau.”
Le peintre Duc Hoang se veut plus précis: “L’une des particularités qui distinguent la peinture sur soie vietnamienne de celles d’autres pays réside dans la technique de peinture et de lavage de la soie, qui fait que le tissu est parfaitement imprégné de couleurs, sans que celles-ci ne ressortent vraiment en surface. La peinture sur soie vietnamienne est différente de la peinture sur soie chinoise car en plus de cette technique de lavage, les peintres vietnamiens sont influencés par les Occidentaux qui leur ont appris une vision anatomique et scientifique de l’espace. Autre différence: nos peintres s’intéressent bien plus que les Chinois au sujet de la vie humaine.”
Dans le domaine de la peinture sur soie, le Vietnam n’a rien à envier aux puissances mondiales comme la Chine ou le Japon. Et les artistes continuent de créer et d’innover. Ils s’intéressent désormais autant à la vie, à la production, au combat, à la beauté des gens et des paysages, qu’à l’histoire et à la nature morte. Plusieurs jeunes peintres ont expérimenté de nouveaux matériaux en collant des feuilles d’or ou d’argent très minces sur la soie; en utilisant la technique de tempera-huile. Les expositions régulières aussi diversifiées les unes que les autres en disent long sur la vitalité de cet art traditionnel, qui ne cesse de se renouveler.
Source: To Tuan VOVworld
13 Octobre 2012

Tuesday, April 3, 2012

Peinture en feuilles mortes - nouveau plaisir des artistes vietnamiens


VOVworld) - Après l’huile, la gouache, les pierres précieuses ou le sable, qui sont les matériaux les plus prisés par les peintres, voici maintenant les feuilles mortes ! Oui, mais comment réaliser une oeuvre vivante à partir d’une feuille morte ? Un véritable défi que les artistes vietnamiens ont de plus en plus nombreux à vouloir relever, comme nous allons le voir tout de suite dans ce reportage de Phuong Anh.
Dans sa petite chambre-atelier de 30m carrés, Binh Minh, étudiante à l’école des beaux-arts du Vietnam, est en train d’achever un tableau qui représente une rue de Hanoi. Dans ses mains, pas de pinceau, seulement une paire de ciseaux. Ça peut paraître étrange, au premier abord, et effectivement, ça l’est, puisque le matériau utilisé ici est la feuille morte ! Qui pourrait imaginer en effet qu’une feuille morte, vouée à la décomposition, puisse devenir oeuvre d’art ? Binh Minh, bien sûr, et elle n’est pas la seule. Beaucoup de jeunes artistes comme elle sont attirés par l’aspect référence à la nature qu’implique le recours à un matériau de ce type. Et en plus, étant donné ce qu’est l’arborescence au Vietnam, il y a largement de quoi faire !
"Les feuilles mortes constituent un matériau très diversifié. Il y a tellement de sortes d’arbres, ici ! Les oeuvres d’art en feuille morte exercent toujours une attraction particulière. Les artistes n’utilisent pas de couleurs. C’est la nature qui se charge de colorier leurs oeuvres. Il faut par contre trouver les feuilles adéquates, notamment en automne et en hiver. Personnellement, j’en trouve aussi bien dans les rues de Hanoi qu’en pleine forêt." - a-t-elle confié.
Des natures mortes, des animaux, des paysages... On peut tout représenter avec des feuilles mortes ! Pour être tout à fait exact, au Japon, en Chine ou en Inde, les feuilles mortes sont utilisées depuis bien longtemps par les artistes qui peignent dessus. Au Vietnam, par contre, les artistes pratiquent une sorte de collage sur papier.
Les artistes doivent savoir en premier lieu où et quand ils peuvent trouver des matières premières car toutes les feuilles ne sont pas bonnes à utiliser. Seule l'expérience permet de savoir quelles sont les feuilles qui donneront la couleur souhaitée après traitement. Les feuilles sont choisies d'abord pour leur forme, puis lavées soigneusement. Après quoi, elles sont bouillies. C'est l’étape la plus importante du traitement, réservée aux experts car à chaque sorte de feuille correspond une température et une durée d’ébulition. Cette étape peut prendre entre 2 jours et une semaine. Ensuite, on sèche les feuilles au soleil et on les repasse. Binh Minh : " Le traitement des feuilles mortes est l’étape la plus importante. Il s’agit de faire en sorte que la feuille puisse conserver sa souplesse et sa couleur naturelle. Chaque type de feuille réclame un traitement particulier, notamment lorsqu’il s’agit de faire bouillir. Ca peut prendre jusqu’à une semaine pour obtenir les teintes voulues. Ce n’est qu’après qu’on peut passer à l’assemblage des feuilles pour créer un tableau vivant."
Après traitement, les feuilles revêtent différentes couleurs et sont donc prêtes à l'emploi. L’artiste commence par faire une esquisse sur papier, puis choisit des feuilles pour les tailler et les coller. Sur plusieurs centaines, seules quelques feuilles sont utilisables. Il faut bien comprendre qu’il n’existe pas 2 feuilles identiques, ce qui signifie que les oeuvres ne se ressemblent jamais, quelle que soit l’esquisse. Une fois les feuilles collées, le tableau sera enduit d'une substance qui lui permettra de garder sa brillance et l’éclat de ses couleurs. Certaines oeuvres se font en 3 jours, d’autres réclament un mois de travail. Mais en tout cas, la satisfaction est toujours au rendez-vous, comme nous l’explique Thu Thuy, employée bancaire de son état, qui aime particulièrement les tableaux en feuilles mortes : "Ce qui m’a frappé, au premier abord, c’est l’originalité et la précision des détails. Et puis chaque oeuvre est unique. J’aime beaucoup les tableaux en feuille morte. J’en possède déjà une bonne dizaine."
Alors si vous aussi, vous avez envie de posséder un tableau en feuille morte, n’hésitez pas ! Vous devez juste savoir que la durée de vie d’un tableau est comprise entre 10 et 30 années et son prix entre 30 et 100 dollars, ou plus./.
Phuong Anh

Friday, March 27, 2009

Les crocodiles se pâment à l’écoute des chansons d’amour

Au revoir, alligator: Les crocodiles à la ferme de crocodiles de Hoa Ca dans le 12è arrondissement de HCM-ville se développent plus calmes pendant qu'ils écoutent des ballades d'amour de Trinh Cong Son.
(18-03-2009)
HCM VILLE - Le feu compositeur Trinh Cong Son, dont les chansons d'amour ont inspiré beaucoup de générations des romantiques, a maintenant un auditoire différent – les crocodiles.
Les milliers de sauriens à la ferme de crocodiles de Hoa Ca dans le 12è arrondissement de HCM-ville se développent bien en écoutant les ballades d'amour du compositeur.
Ton That Hung, le propriétaire de la ferme, a appris la technique dans une ferme de vaches au Japon.
“Les vaches ont été affectées par la musique”, a-t-il dit. « Elles se sont développées plus vite, ont eu un caractère doŭ et une viande plus savoureuse.
“J'ai décidé d'employer la technique après qu'un ami à moi ait joué de la musique à ses porcs.”
Dans chaque coin de la ferme, où 20.000 crocodiles sont élevés, il a installé un haut-parleur, qui est lié à un amplificateur. Tous les matins, vers 8 heures, les mélodies romantiques douces des chansons de Trinh Cong Son résonnent à travers le paysage.
Les crocodiles écoutent la musique pendant quatre heures par jour avant le grand repas. Puis le concert reprend vers 2 heures de l’après-midi.
Les “crocodiles, comme d'autres reptiles, sont fâchés quand les gens les dérangent et ils se heurtent souvent aŭ objets de façon aléatoire” dit-il “leur peau est endommagée, la valeur pour l'exportation en est affectée.”
Hung dit que depuis qu'il a commencé à jouer la musique, les crocodiles sont devenus plus dociles quand les préposés ou les touristes s’approchent des camps.
“Toutes les fois que je joue la musique, la plupart des crocodiles tournent leur tête vers les haut-parleurs” dit-il.
Nguyen Dang Nghia, directeur du centre pour la Science et la technologie avançées d'agriculture de HCM-ville, dit que le fait d’écouter la musique douce a apaisé les crocodiles et a rendu leurs nerfs plus stables.
“Ils mangent plus et produisent la viande de meilleure qualité” a-t-il dit.
La musique aide également les crocodiles-mères à mieŭ couver leurs oeufs et elles prennent un meilleur soin de leurs bébés.
Hung dit qu’il a choisi les créations de Son parce qu'il aime sa musique et aussi parce que le tempo calmant et les voix féminines étaient semblables à une berceuse.


VNS 

Monday, January 26, 2009

La Prière de la Forêt

Je viens de lire dans les numéros 320 et 322 de la revue Xua và Nay (Hier et aujourd'hui) - une revue sur l'histoire - deŭ articles sur la ville de Dalat (sud Vietnam). On y a publié la photo d'un panneau montrant le poème "Prière de la Forêt". Le panneau devait exister dans les années 1930. Vu les ravages du temps et des évènements, il n'existe plus depuis longtemps, mais un ancien habitant de Dalat, M. Luong Hoe (encore vivant, 95 ans) en a copié le texte dans son carnet. Le texte a été reproduit dans la revue. Nul ne connait ni le nom de l'auteur, ni son origine.

Par intérêt à la culture francaise, j'ai essayé de chercher par le moteur de recherche Google et je suis tombé sur 2 sites reproduisant ce poème. Je suis très heureŭ de lire le texte en clair et avoir la confirmation de son existence.
Les deŭ administrateurs des sites aŭquels je me suis adressé, m’ont répondu qu’il s’agit d’un poème soit recopié d’une revue sans mention de l’auteur, soit transmis oralement par un vieŭ bûcheron voilà une vingtaine d'années. Une seule indication, c’est qu’il figure sur la porte d’entrée du pavillon yougoslave, à l’exposition universelle de 1937 à Paris.
Il est intéressant de noter que le souci de la protection de l’environnement date depuis plus de 70 ans.
J’ai le plaisir de vous présenter la photo du panneau représentant le poème et sa transcription faite par l’ancien habitant de Dalat (identique au texte figurant sur le site internet).


LA PRIÈRE DE LA FORÊT

Homme !
Je suis la chaleur de ton foyer
par les froides nuits d’hiver,
l’ombrage ami
lorsque brûle le soleil d’été.
Je suis la charpente de ta maison,
le plancher de la table.
Je suis le lit dans lequel tu dors
et le bois dont tu fais les navires.
Je suis le manche de la houe
et la porte de ton enclos.
Je suis le bois de ton berceau
et de ton cercueil.
Ecoute ma prière,
Ne me détruis pas !

Saturday, December 27, 2008

700è année de l'entrée au Nirvana du roi Bouddha Tran Nhan Tong

Une grande cérémonie célébrant la 700e année de l’entrée au nirvana du roi-Bouddha Trân Nhân Tông a été organisée solennellement le 27 novembre dans le chef-lieu de Uông Bi, province de Quang Ninh (Nord).
Nhân Tông (1258-1308) était l’un des rois les plus clairvoyants de la dynastie des Trân (1225-1400), également poète et homme de culture réputé à l’époque. Il était également le fondateur de Truc Lâm Yên Tu (Dhyana de la forêt de bambous du mont Yên Tu), une secte bouddhique qui propose d’harmoniser la religion et la vie au service de l’œuvre d’édification et de défense nationales.M
Nombre d'événements sont programmés à cette occasion tels que des cérémonies rituelles, dont l'offre de bâtonnets d'encens et des chants religieŭ, une expo de calligraphies des poèmes du Roi lui-même, sans oublier des spectacles et colloques. 

ong.:: 700th anniversary of the death of King and Buddhist

Cette cérémonie est considérée comme un événement d'envergure nationale pour les bouddhistes et jettera la base pour faire proclamer Trân Nhân Tông par l'UNESCO homme de culture du monde.onk

Monday, December 22, 2008

Au pays des "dames flottantes" dans le delta du Mekong

L'être humain a parfois des facultés prodigieuses que la science a du mal à expliquer. Les "dames flottantes" du delta du Mékong, contrée zébrée de multiples cours d'eau, font partie de ces mystères de la vie qui laissent pantois.
À Tân Hiêp B, tranquille village rizicole situé près du faubourg de Óc Eo, district de Thoai Son, province de An Giang, Van Thi Leo, 70 ans, est surnommée la "dame flottante". Car, elle peut flotter sur l'eau des heures durant, sans faire aucun effort. Pour les gens du coin, la vieille dame a fait la renommée de leur localité. 
La "dame flottante" raconte : "Cette aptitude, je l'ai découverte à 8 ans, lorsque mon père m'a appris à nager dans une rivière. À peine dans l'eau, j'ai senti que mon corps flottait comme une bouée. Et je n'ai eu qu'à agiter bras et jambes pour avancer facilement". Mme Leo est issue d'une famille de 9 enfants dont elle est la seule à posséder cette capacité hors norme. Son mari, Lê Van Khen, 77 ans, avoue qu'il "se sent toujours en sécurité" chaque fois qu'il doit traverser un bras de rivière en bateau car "j'ai à mes côtés la bouée de sauvetage la plus sûre du monde !". Une bouée qu'il a déjà testée : "Il y a 10 ans, a-t-il raconté, nous conduisions un canot chargé de bois de Long Xuyên à An Giang. Lorsque nous avons rejoint le fleuve Hâu (bras postérieur du Mékong), alors en pleine crue, notre canot a chaviré. Et malgré les vagues, ma bouée bien-aimée m'a ramené facilement au rivage". Et de révéler ce secret : "Ma femme flotte admirablement mais elle est incapable d'aller sous l'eau malgré tous ses efforts!". 

Les années semblent ne pas avoir d'emprise sur la "dame flottante". "Je prend d'ordinaire 3 repas chaque jour. Jamais je ne suis malade. Il semble que plus je vieillis, plus je me sens légère, et mieŭ je nage". Mme Leo est très active et gentille, selon les habitants du coin. Elle est disposée à aider ses voisin(e)s et à apprendre la natation aŭ enfants. Chaque jour, vers 15h00, une quinzaine de gamins viennent la chercher pour l'accompagner à la rivière. Et bien sûr ils la supplient de faire une démonstration. "D'accord, mais vous ne devez en aucun cas m'imiter, mes enfants", acquiesce-t-elle. Et de se coucher sur le dos, se laissant emporter par le courant, bras et jambes levés comme pour saluer l'assistance ébahie... 

Un secret gardé durant 12 ans 

La deŭième "dame flottante" du delta du Mékong est Trân Thi Dang, 82 ans, qui vit dans le village de An Thuân, commune de Phu Duc, district de Long Hô, province de Vinh Long. Lorsqu'elle fait la planche, elle aime se laver les cheveŭ, faire de la gymnastique, et ouvre même son parapluie pour se protéger du soleil qui tape fort à cette latitude. 

"Il y a 12 ans, explique-t-elle, en allant me baigner dans une rivière, j'ai été étonnée de mes capacités de flottaison. J'ai ensuite vérifié la chose à plusieurs reprises, et j'ai décidé de ne rien dire à personne". Son secret n'a été découvert qu'en juin dernier par des enfants nageant près d'elle. Mère d'une famille de 12 enfants, Mme Dang est aussi grand-mère et arrière-grand-mère. Mais aucun de ses nombreŭ descendants n'a cette prodigieuse faculté. À 82 ans, la "dame flottante" respire toujours la santé. Elle marche d'un pas alerte et peut même avaler 10 kilomètres s'il le faut. Chose particulière, elle aime se baigner la nuit et dort toujours sans couverture. 

Nghia Dàn/CVN 
(12/12/2008)

Wednesday, December 10, 2008

La plus longue tignasse du Vietnam

Après plus de 42 années sans aller chez le coiffeur, Trân Van Hay, 73 ans, originaire du hameau de Hoà An, commune de Mong Tho, district de Châu Thành, province de Kiên Giang, est l’homme qui a la plus longue chevelure du Vietnam (6,3 mètres, 9 kg). Une demande a même été adressée à Guinness pour que ce record soit homologué.
Mme Nguyên Thi Hoa, sa femme, raconte : « Je me suis mariée avec lui à 21 ans. À l’époque, sa chevelure poussait normalement. Quelques années après, chaque fois qu’il se faisait couper les cheveŭ, il tombait malade. Un jour, il m'a dit: « Malade, je ne peŭ pas gagner de l’argent pour nourrir notre famille. Es-tu d'accord si je laisse pousser librement mes cheveŭ ». J'ai acquiescé car peu m’importe que sa chevelure soit longue ou courte, l’essentiel est qu'il soit en bonne santé ».
Depuis, le comportement de Trân Van Hay a bien changé. Plus de soucis, plus de rivalités d’esprit ou d’intérêts avec qui que ce soit. Il a appris la médecine traditionnelle auprès de bonzes et s'est mis à soigner gratuitement les gens pauvres. Une fois, un Vietnamien résidant en France, nommé Jean Marc et malade du coeur, de retour dans sa province natale à Kiên Giang, a suivi son traitement. Deŭ mois après, il était guéri.
Depuis plusieurs décennies, Trân Van Hay mène une vie régulière. Trois fois par jour, matin, après-midi et à minuit, il médite pendant une heure. Lorsqu’il dort, sa chevelure repose à ses côtés comme un énorme python. Le jour, il l’enroule sur sa tête avec un foulard.
Trân Van Hay est membre de l’Association de la Médecine traditionnelle du Vietnam.

Texte et photos: Truong Công Kha